L'Union européenne a imposé il y a deux ans des droits de douane sur les importations de voitures électriques produites en Chine. Mais les marques de ce pays ont réussi à s'adapter.

Durant l'été 2024, Bruxelles imposait des droits de douanes sur les véhicules électriques produits en Chine, afin de tenter de freiner l'ascension des marques de ce pays au niveau du territoire de l'Union européenne. Aujourd'hui, on peut voir les résultats, mi figue mi raisin, de ces mesures.
Les constructeurs chinois se sont adaptés aux droits de douane
Bruxelles a-t-il réussi son coup avec ses droits de douane ? Si l'on en croit cette nouvelle étude de Transport & Environment, pas vraiment. Première information, les véhicules électriques produits en Chine représentaient en 2024 22% des automobiles électriques commercialisées en Europe, contre 17% lors du premier trimestre 2026. Mais le volume est stable entre ces deux dates, d'environ 350 000 unités par an, du fait de la croissance du marché.
Surtout, les marques chinoises se sont adaptées, en élargissant notamment leurs gammes de véhicules hybrides, pour ne pas avoir à subir les droits de douane (leur part de marché dans l'hybride est ainsi passée à 13% en Europe, contre 3% en 2024). Elles se sont aussi lancées dans une réorientation de leur production au niveau de l'Union européenne.

Ce sont surtout les marques européennes qui ont réduit leurs importations en provenance de Chine
Mais même au-delà de ces mesures destinées à contourner les droits de douane, on note que ce sont surtout les marques européennes et Tesla qui sont touchées par le protectionnisme européen contre les véhicules made in China. Les marques chinoises représentent ainsi 54% des véhicules produits en Chine importées chez nous, contre 15% en 2021.
Pour comparaison, Tesla représente aujourd'hui 19% des véhicules made in China vendus en Europe, et la part des marques européennes est passée de 38% en 2024 à 23% au premier trimestre 2026. Une prise de pouvoir qui peut s'expliquer par les prix de ces marques, celles-ci restant en moyenne, malgré les surtaxes, 21% moins chères que les véhicules de marque européenne.